Après la disparition d’Aramis décédée brutalement et laissant un grand vide dans notre groupe, je me suis décidée à reprendre un chien. Plusieurs questions se sont posées, un chiot ou un chien adulte ? en élevage ou en refuge ? chien de race ou croisé ? Les expériences et apprentissages réalisés au cours des années passées auprès de mes chiens ainsi qu’au contact des chiens que j’ai pu rencontrer lors de séances d’éducation, ont largement contribué à orienter mes choix, même si le côté affectif est malgré tout resté omniprésent. J’ai donc épluché les différents sites d’élevages de chiens. Pas de coup de foudre ou de déclic. Finalement, sur le site de «seconde chance» qui donne, comme son nom l’indique, une seconde chance aux chiens, j’ai repéré quelques chiens entrant dans mes critères. Le critère suivant était ferme et définitif, mon chien Scott ne s’entendant pas facilement avec un autre mâle : il fallait une femelle. Autre critère : la distance. Je voulais pouvoir voir et, si affinités, chercher le chien dans la journée. Enfin dernier critère et non le moindre : le chien devait être bien dans ses poils ! Peu m’importait qu’il soit handicapé ou qu’il ait une « drôle de tête », du moment qu’il avait une bonne socialisation et une bonne inhibition de la morsure. Et finalement, je suis tombée sur « Fallabelle ». Le contact avec le refuge a été très rapide et ils ont répondu de bonne grâce à toutes les questions les plus saugrenues que j’ai pu leur poser. J’en avais deux feuilles A4 pleines ! A toutes mes questions, j’ai trouvé une réponse honnête et sincère. Je me suis dit, « s’ils m’envoient balader, c’est que ce ne sont pas des personnes compétentes et donc pas fiables ». Et bien non, ce n'a pas été le cas. Après une semaine d’échanges, je décidais d’aller voir Fallabelle au refuge. Pour ne pas me laisser éblouir par mes émotions, j’ai emmené deux personnes « neutres », qui ont également joué les cobayes pour que je puisse observer les attitudes de la chienne lors de rencontres avec des étrangers. J’avais également emmené mes deux chiens Scott et Lilly pour voir la réaction de Fallabelle face aux autres chiens. Elle a passé tous mes petits tests sans souci. Mon chien Scott était plus réticent de son côté, refusant les demandes de jeux et avances de la belle, mais sans agressivité. Ce qui n’était pas à mes yeux quelque chose de fondamental. En effet, réticent pendant 3 semaines, il s’est finalement aussi laissé embarquer dans les folles culbutes de Falla. Après un après midi au refuge à observer la chienne dans diverses situations (avec des enfants, d’autres animaux, en situation de frustration…) et à discuter avec les responsables, nous avons décidé de franchir le pas et de ramener la chienne avec nous. Quel plaisir de la voir gambader dans le jardin, faire des appels au jeu aux autres chiens, se rouler dans l’herbe... Petit à petit d’autres questions surgissent : comme on ne sait rien de son passé, on ne sait pas si elle osera entrer dans la maison, si elle sera calme la nuit à l’intérieur, si elle osera monter l’escalier, si elle est familière des bruits de maison… Les responsables du refuge ont déjà pu me renseigner sur beaucoup de choses puisqu’ils l’avaient mise en situation (elle monte en voiture, se laisse brosser, n’aboie pas beaucoup, …) mais par contre, elle était en chenil et pas en maison ! Et finalement, elle n’a peut être pas vécu en maison mais après un instant d’hésitation, nous a suivis à l’intérieur. Et comme tout le groupe était là, elle est restée avec nous. Pareil pour l’escalier. Pour monter pas de problème, pour redescendre un peu plus dur. Mais nous avons attendu au bas de l’escalier et elle a fini par descendre. Premier week-end à la maison. Mais vient le lundi et le retour au travail. La chienne saura-t-elle rester seule (avec les deux autres chiens) ? Par mesure de précaution, je laisse la porte qui donne sur le garage ouverte. Effectivement, lorsque je suis rentrée il y avait quelques besoins dans le garage mais rien de détruit. C’est normal, je ne m’affole pas, il faut juste qu’elle trouve et s’adapte à notre rythme de vie. Il suffit de s’armer de patience et d’attendre.
Fallabelle n’avait pas un bon rappel selon les responsables du refuge. Dans un premier temps donc toutes les balades se font en laisse. Puis après quelques jours, une fois qu’un certain attachement s’est créé entre nous, je tente le coup. Je me rends dans un endroit loin de la circulation et je la lâche. Elle reste un peu près de moi, je ne parle pas. Puis elle commence à s’éloigner de plus en plus. Je ne dis toujours rien et pars dans la direction opposée. Mes autres chiens me suivent. Après une centaine de mètres, je jette un œil par-dessus mon épaule et je la vois arriver en courant. Mais elle nous dépasse et s’éloigne de nouveau. Rebelote. Je repars dans l’autre sens, sans rien dire, sans l’appeler. Cette fois-ci plus que 50m avant qu’elle revienne. Et enfin une dernière fois et la demoiselle reste dans les 10m autour de nous. Elle devait se dire « ah ses humains, dès qu’on les laisse seuls, ils ne savent plus où aller » ! J’ai appris ce jour là à ma chienne que c’était à elle de faire attention à moi et que si elle ne suivait pas, ce n’était pas moi qui allait la chercher (même si je la gardais activement à l’œil !). Le rappel a encore à être travaillé, à l’aide de récompenses, de caresses, de jeux, de mots gentils, mais elle progresse très vite. Il en a été de même pour la voiture. Les premiers jours, j’ai dû la porter pour la mettre dans la voiture. Au bout de quelques jours à la maison et de plusieurs sorties en voiture suivies de promenades, elle sautait tout seule dans le coffre. Actuellement si elle voit un coffre ouvert dans la cours, elle saute tout de suite dedans ! Les premiers jours à la maison, Fallabelle n’ose pas approcher les hommes . Elle fait des cercles autour à deux ou trois mètres d’eux, on voit qu’elle aimerait bien s’en approcher mais n’ose pas encore. Pas de brusquerie. On essaie avec de la nourriture mais son appréhension est encore trop forte. Qu’à cela ne tienne. Je demande à ces personnes de ne pas insister, de ne pas la regarder intensément, de ne pas la forcer ou l’acculer. Et progressivement, en moins d’un mois elle va spontanément voir tout le monde, familiers, amis et visiteurs. Pas la peine de s’affoler, tout vient en son temps. Elle en avait besoin pour s’adapter à ce nouvel environnement. Arrivent les vacances. Je pars en laissant les chiens à mes parents. A mon retour, j’en apprends de belles… Fallabelle a déposé des crottes et des pipis un peu partout dans leur maison … Bon… On rentre à la maison, on reprend nos habitudes. Premier jour : la nénette fait pipi sur son tapis sous mes yeux ! Comme je la prends sur le fait, je réagis (« ben alors ! ») et la mets dehors juste histoire de marquer mon désaccord. Plus tard, je les laisse seuls le temps de faire des courses. En rentrant : encore un pipi sur un tapis. OK, là je ne dis rien, je n’étais pas là au moment des faits. Je me dis qu’il faut qu’elle se réhabitue à rester seule quelques temps. Encore un accident la nuit suivante : une crotte dans le salon. Mais comme là non plus je ne l’ai pas prise sur le fait, je ne réagis pas. Peut être m’a-t-elle prévenue mais dormant trop profondément je n’ai rien entendu ? Astuce mise en place : réduire son espace lorsque je m’absente ou la nuit, en partant du principe (fréquemment vérifié), que le chien ne souillera pas son lieu de couchage. Après quelques jours et /ou nuits de « cantonnement » (simplement en fermant quelques portes ou en posant des barrières en bois), l’espace a de nouveau été en libre accès et je n’ai plus relevé de « raté ». Effectivement, 3 mois après son arrivée Fallabelle est bien propre et a un super rappel. Elle est toujours la chienne super sympa que j'ai rencontrée quelques mois plus tôt, grâce à ces responsables de refuge qui ont pris soin de bien observer leurs chiens leur permettant ainsi d'être de très bon conseil. Merci au refuge de Saint Pal !
Pourquoi font-ils leurs besoins à l’intérieur ? Déboussolés, cherchent-ils à imprégner les lieux de leur odeur, à se repérer, à nous faire passer un message concernant leur difficulté à gérer ces changements de situation ??? Toujours est-il qu’en mettant en place une gestion cohérente des ressources (accès à la nourriture, déplacement et placements dans la maison, initiative des contacts et interactions), les bases sont posées pour aider le chien à trouver rapidement et facilement des repères. C’est vrai que si entre temps leur nouvel environnement évolue lui aussi, il leur faudra un peu plus de temps à s’adapter. Mais ils ne feront jamais exprès de nous déposer leurs besoins sur le tapis du salon, juste pour nous mettre en rogne. Peut être exprès pour nous faire passer un message, oui, ce message concernant leur difficulté à s’adapter à nos conditions de vie. A nous donc aussi de voir comment nous pouvons les aider ou nous adapter un peu pour leur rendre la vie plus facile ! Comme par exemple être patient et adopter des rituels, pendant un temps ne plus trop modifier les habitudes puis petit à petit intégrer des changements.
Témoignage Adoption d'un chien adulte en refuge
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Martine Bohy Pistes de reflexion, conseils et astuces pour une co-habitation agréable avec nos chiens
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