Les rapports de l'animal aux autres espèces
D'après Barrey et Lazier, 2010 Aucun animal n’est jamais un être solitaire : il vit sur le même territoire que d’autres espèces, il les rencontre, les affronte ou en est solidaire, mais de toute manière établit avec elles des interactions. Ces liens peuvent être de différentes sortes selon le profit ou l’inconvénient que chacun en retire : parasitisme, symbiose, commensalisme, prédation, les limites étant souvent imprécises entre ces différents comportements qui se chevauchent par certains aspects. - Le commensalisme : deux espèces cohabitent sur le même territoire nourricier sans qu’aucune n’en subisse un désavantage (commensal = qui mange à la même table). En milieu fermé, comme les prairies d’élevage, on crée un commensalisme entre le troupeau de chevaux et celui des bovins lorsqu’ils pâturent dans la même parcelle. Ils ne se gênent pas entre eux, car ils choisissent des herbes différentes, et s’ils sont dans la proportion d’un cheval pour cinq bovins, l’exploitation de l’herbage est optimale. Mais ils ne se côtoient pas sans interférer les uns avec les autres. Là se manifeste une certaine dose de symbiose (« vivre ensemble », avec des avantages pour chacun), car chacun des partenaires renforce la sécurité des autres. - Le parasitisme : il y a parasitisme quand l’un des deux partenaires, le parasite, tire entièrement sa subsistance de l’autre, l’hôte, qui peut en pâtir au point d’en tomber malade et même en mourir. Extérieurement, le plus connu est certainement la tique , qui se laisse tomber sur l’animal lorsqu’elle perçoit l’odeur d’acide butyrique contenu dans la sueur, puis se fixe dès qu’elle trouve une place sans poil à température convenable. Contrairement aux parasites externes, qui créent plutôt de l’excitation et un resserrement de la vie sociale, les parasites internes sont facilement générateurs de fatigue, d’apathie et d’indifférence aux congénères. - La prédation . Le cheval par exemple a une connaissance innée de la forme et du comportement de ses prédateurs potentiels. Dans cette catégorie, il classe les renards et les chiens domestiques qui traversent son pré et qui, pour lui, ont des caractéristiques du loup, même s’il ne l’a pas connu. Une forme plus ou moins rectangulaire, se faufilant lentement à proximité du sol, est le signal déclencheur qui, pour peu qu’il se déplace dans le fond d’un pré, provoquera immanquablement chez les chevaux un comportement d’alerte : immobilisation tête haute, ronflement, galop de fuite et d’excitation. Tant qu’il reste au sein de son groupe familial, le cheval ne craint pas son prédateur naturel, le loup, qui n’attaque jamais directement le groupe mais seulement les imprudents isolés. La poursuite s’organise alors en fonction de la vitesse moyenne du loup, et non de la vitesse de pointe du cheval : c’est une course de fond. A l’issue d’une longue traque, sous l’action de ses glucocorticoïdes adénocorticaux, le cheval finit par épuiser ses réserves d’ATP (adénosine triphosphate), le carburant qui alimente la défense et la fuite en mobilisant le glucose. Il passe alors sous perfusion interne d’endorphines (équivalents physiologiques des opiacés) et, ainsi insensibilisé, se laisse dépecer en toute sérénité. Il s’agit de la réplique exacte de la chasse à courre où le cerf finit, après avoir épuisé ses réserves, par se laisser dévorer passivement. C’est aussi la stratégie utilisée par certains pour débourrer un cheval ou "mater" un chien, qui, après une longue fuite sur un rond sans fin, un interminable harcèlement, passent sous endorphines et se laissent manipuler passivement . - La symbiose établit un autre type de relations entre deux espèces différentes : une coopération réciproque telle que chacun y trouve son avantage. C’est le cas du cheval et des micro-organismes qui peuplent son caecum, une portion du gros intestin, où ils assurent la transformation de la cellulose indigeste en acides gras volatils capables d’être absorbés par la paroi intestinale. Ils se nourrissent tout en contribuant à nourrir le cheval. Autre exemple : la relation qui s’est établie entre le chien et l’homme. Si ce dernier a apporté à l’animal le gîte et une nourriture régulière, en échange, le chien assure la sécurité. Il arrive également que s’établisse une symbiose accidentelle : un chat et un chien habitués à être ensemble apportent à l’autre des substituts de contacts sociaux qui lui manquent. Dans les deux cas, chien/homme et chien/chat, il s’établit entre les partenaires des signaux simples qui permettent une communication suffisante pour la part d’activité qui leur est commune. En effet, l’interaction n’est possible que si les deux espèces ont, dans leur univers propre (l’Umwelt de von Uexküll) une partie commune. Et dans cette partie commune, ils doivent pouvoir communiquer : le chien qui couche les oreilles parce qu’il a une pulsion agressive doit être perçu par le partenaire de l’autre espèce comme agressif. Ce genre de communication, le plus souvent gestuel mais parfois vocal, peut s’établir avec certains animaux mais pas avec d’autres. Des rapports s‘établissent entre le chien et une autre espèce à deux conditions : qu’ils aient un intérêt commun pour une même chose pour laquelle ils ne sont pas en concurrence (par exemple, une simple présence), et qu’ils aient la possibilité de réagir correctement à un certain nombre de signaux émis par l’autre.
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