Symbiose ou parasitisme ?
Je vous propose ici une réflexion menée par Barrier et Lazier au sujet de la relation entre l'homme et le cheval. Qu'en est-il de la relation aux chiens ? D'après Barrey et Lazier, 2010. Ethologie et écologie équines. Au risque de briser quelques illusions, il faut bien admettre que l’être humain n’a pas grand-chose de commun avec le cheval. Nous sommes plutôt sédentaires en milieu fermé ou semi-fermé, le cheval étant lui, résolument nomade en milieu ouvert, comme en témoigne sa vision panoramique, non centrée. Nous ne pouvons nous passer de logis, souvent en hauteur, réminiscence des nids de branchages installés dans les arbres. Nous nous accommodons fort bien de paysages étroits et fermés, des milieux exigus où le cheval perd la majeure partie de ses moyens sensoriels et moteurs. Nous faisons des provisions que nous ingérons à raison d’un à trois repas quotidiens, et dont la digestion dépend en partie de l’injection massive dans l’intestin grêle de la bile stockée, en dehors des repas, dans notre vésicule biliaire. Le cheval, lui, mange par longues périodes qui représentent au total de 12 à 15 heures par jour. S’il ne possède pas de vésicule biliaire, inutile avec cette alimentation continue, un « goutte-à-goutte » permanent de bile est en revanche envoyé dans le bol alimentaire. Son organisme n’est donc pas fait pour supporter des repas : au moment même, les sécrétions sont insuffisantes, alors qu’entre les repas elles sont superflues, provoquant éventuellement des troubles du système digestif. En outre, le cheval doit marcher en mâchant longuement ses 60 kilos d’herbe quotidiens. Ni ses besoins en mastication, ni ceux liés à la déambulation ne son donc satisfaits par les granulés-conserves (hyper digestibles et diététiquement parfaitement équilibrés) servis dans une « auge-assiette » devant laquelle il est obligé de rester. Son manque de locomotion trouve alors une dérivation dans un grattage du sol et celui de coups de mâchoire dans des tics et pathologies divers. Mais la plus grande différence entre nous et le cheval réside dans la façon de traiter notre progéniture. Chez tous les primates, les mères ont l’habitude de porter leurs petits d’abord sur le ventre puis sur le dos où ils se cramponnent. Les poulinières, elles, ne pratiquent aucun mode de portage, et les poulains doivent se débrouiller tout seuls dès la naissance. Ce qui leur tombe sur le dos n’éveille donc aucun émotion de maternage, mais active au contraire le programme anti-prédateur , lequel existe bel et bien et à un seuil de déclenchement généralement très bas. Tant que chacun reste sagement les pieds par terre, des relations sociales, pas forcément bien adaptées mais pas nécessairement conflictuelles, peuvent se poursuivre grâce à la néoténie épigénétique. Laquelle entre également en jeu lorsque nous avons, juvéniles attardés que nous sommes, l’idée de nous faire porter, en dépit de nôtre âge, par un substitut maternel tel qu’un cheval, un chameau…ou une bicyclette. Cette régression infantile peut provoquer chez les espèces qui ne pratiquent pas le portage des réactions explosives de défense que nous sommes obligés – pour parvenir à nos fins – de neutraliser par le débourrage, une pratique qui consiste tout simplement à neutraliser le programme antiprédateur. Parler « d’équitation naturelle » est donc une aberration ! Rien n’est moins naturel que l’équitation, même bien pratiquée, du moins pour les chevaux… Porter des êtres humains n’est en aucun cas une affaire d’animaux, quel que soit l’animal, mais d’hommes, c'est-à-dire des primates qui ont l’habitude de s’approprier tout ce qui présente le moindre intérêt pour faciliter leur fonctionnement de surdoués du monde vivant. Fort heureusement, il existe quelques points de convergence entre ces deux espèces domesticables que sont l’être humain et le cheval. Avant tout, les deux sont sociables et recherchent la présence des leurs. Autre point de convergence lié directement à la conservation des caractères juvéniles : l’intérêt hypertrophié que les deux espèces portent aux problèmes alimentaires !
Accueil Contact J'éduque mon chien moi même Description Dans la presse Matériel recommandé Pour aller plus loin Index des articles Le saviez-vous Le saviez vous 2 Le saviez-vous 3 Qui suis-je Conseils éducation Description En pratique Références bibliographiques Matériel Nous ne pouvons peut être pas faire la différence entre tous les animaux mais nous pouvons faire toute la différence pour certains d'entre eux...
Martine Bohy Pistes de reflexion, conseils et astuces pour une co-habitation agréable avec nos chiens
Mentions légales
Conditions - Copyright 2013
Liens